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Les archives coloniales postérieures à 1940 interdites d’accès !

mardi 18 février 2020, par Michel Berthelemy

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Gilles Manceron nous signale que le site histoirecoloniale.net a publié le 13 février un ensemble de textes s’élevant contre l’impossibilité d’accéder désormais aux archives postérieures à 1940 : articles de presse, tribune du Monde et de Mediapart, Lettre de 17 revues et associations, dont vous trouverez le lien en bas de cet article.

Les chercheurs usagers des archives publiques françaises, en particulier du Service historique de la Défense, sont depuis peu dans l’impossibilité de consulter des documents postérieurs à 1940 qui devraient être accessibles selon la loi, au prétexte qu’ils ont été tamponnés « secret » lors de leur production, durant les répressions coloniales à Madagascar, en Indochine ou en Algérie. De nombreux historiens français et étrangers se trouvent ainsi empêchés dans leur travail. Les protestations sont nombreuses. Un collectif a publié une tribune dans « Le Monde », dont voici l’essentiel :
… Une restriction sans précédent de l’accès aux archives contemporaines de la nation sous le prétexte abusif de la nécessité de protection du secret de la défense est en cours (…) Acteurs et actrices de la recherche en histoire, nous dénonçons la mise en œuvre de cette mesure sans qu’aient été expliquées et débattues publiquement ses motivations et ses modalités et, au-delà, sans qu’aient été mises en place les conditions techniques permettant de garantir dès à présent la continuité et la pérennité de l’accès aux archives publiques. (…) Au-delà de la dimension patrimoniale, ces mesures portent un coup d’arrêt brutal à la recherche sur des sujets essentiels pour la connaissance historique et le débat public dans notre démocratie. Les archives ayant été à un moment de leur vie classifiées ne concernent pas que l’histoire militaire : elles permettent d’écrire l’histoire de la nation. Dans les mois à venir, et si rien n’est fait pour débloquer la situation, il sera de facto impossible de travailler sur nombre de sujets portant sur l’histoire de France depuis 1940. (…)

Travail politique mémoriel

Dans la même tribune, les signataires rappellent que « depuis le grand discours de Jacques Chirac de 1995 sur la rafle du Vél’d’Hiv, les présidents de la République affirment régulièrement la nécessité de faire toute la transparence sur le passé de la France, même le plus délicat, et de réconcilier les mémoires des Français. En janvier, le président Macron a exprimé son souhait que les archives de la guerre d’Algérie ne soient plus réservées aux seuls historiens afin qu’un « travail politique mémoriel » puisse être entrepris. Contre cette volonté d’ouverture et de transparence présidentielle affirmée depuis un quart de siècle par des gestes concrets (dérogations générales de 1998 et 2015 sur les fonds de la seconde guerre mondiale par exemple), cette pratique qui vise à contrôler voire à refermer des documents historiques déjà archivés, apparaît comme une régression majeure.
Au moment même où commencent les commémorations de l’année de Gaulle, dont celle du 80ᵉ anniversaire de l’appel du 18 juin, la fermeture de fait pour une durée indéterminée des archives classifiées postérieures à 1940 a de quoi surprendre. De la même manière, alors que le président s’apprête à rendre hommage à l’engagement militaire des harkis et tandis que se profilent les soixantièmes anniversaires du putsch d’avril 1961 et de la fin de la guerre d’Algérie, l’écriture de cette histoire pourtant essentielle à la compréhension des enjeux contemporains est largement compromise. Il est vain de prôner un quelconque devoir de mémoire si l’impératif d’histoire ne peut concrètement être rempli.
Rappelons-le : ces archives ont pour l’essentiel déjà été communiquées. Il n’y a donc plus de secret. Et, s’il en reste, il est temps, cinquante ans au moins après les faits, de lever le voile dans le cadre fixé par la loi. Par conséquent, nous demandons l’application du code du patrimoine et de la loi sur les archives de 2008, et donc l’accès immédiat et sans réserve à ces archives publiques à l’issue des délais légaux. »

Liens utiles :

https://histoirecoloniale.net/Des-historiens-protestent-contre-la-fermeture-de-l-acces-aux-archives.html

Pour signer la pétition : « Nous dénonçons une restriction sans précédent de l’accès aux archives contemporaines » cliquez sur ce lien

Secret défense contre l’histoire : fermeture des archives des répressions coloniales
13 févr. 2020. Par Gilles Manceron
https://blogs.mediapart.fr/gilles-manceron/blog/130220/secret-defense-contre-l-histoire-fermeture-des-archives-des-repressions-coloniales

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