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Conflit israélo-palestinien : être neutre dans une situation d’injustice, c’est être du côté de l’oppresseur

dimanche 20 juin 2021, par Michel Berthélémy

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Un collectif d’universitaires belges francophones lance un appel de soutien et de solidarité avec la population palestinienne dans le conflit qui l’oppose à l’occupant israélien. Belle initiative, qui pourrait peut-être inspirer d’autres universitaires et intellectuels d’autres pays, qui sait ?

Voici le texte de l’appel, déjà signé par des centaines de personnes :

« Universitaires, nous sommes fortement préoccupés par le nouveau cycle de violences que les populations palestinienne et israélienne ont subies. 278 Palestiniens dont 70 enfants ont trouvé la mort à Gaza et en Cisjordanie, et 12 Israéliens sont morts des tirs de roquettes. L’émergence des violences ne peut cependant être comprise hors contexte, et un cessez-le-feu n’empêche pas la perpétuation des injustices, discriminations et expropriations illégales.
Depuis 1948, le peuple palestinien s’oppose à un régime de colonisation coupable de nettoyage ethnique, d’occupations et d’annexions de territoires, de transferts de populations et, comme l’a reconnu récemment Human Right Watch, d’apartheid. C’est cette situation d’injustice, de violences et de violation constante du droit international et des droits humains que nous devons percevoir et dénoncer derrière la couverture trompeuse qui domine dans les médias belges, soit l’image de l’affrontement entre deux « camps » aux égales responsabilités.
« Les autorités belges ne sont pas extérieures à ce que certains appellent le conflit. Outre qu’historiquement les diplomaties européennes ont organisé les conditions de son émergence en 1948, nous importons annuellement 1,67 milliard d’euros de produits israéliens fabriqués pour bonne partie dans les territoires colonisés et occupés (soit 11 % du total des exportations israéliennes à destination de l’Europe). Par ailleurs, nos universités sont activement impliquées dans des partenariats de recherche avec des institutions israéliennes, académiques comme industrielles, directement impliquées dans les politiques d’occupation, de colonisation et de violation du droit international que commet le régime israélien.

« Nous condamnons fermement le manque d’action politique du Gouvernement belge et de l’Union européenne

"Nous souhaitons que les universités et institutions politiques belges et européennes adoptent une position ferme face aux violations flagrantes par Israël du droit international, à la politique illégale d’implantation de colonies et aux lois discriminatoires qui frappent les citoyens palestiniens en Israël. L’impartialité équivaut à soutenir les colonisateurs israéliens. Le cessez-le-feu négocié ne signifie pas la fin de l’occupation. Les Palestiniens continueront à souffrir de la politique israélienne d’occupation et de ségrégation.

"Nous demandons donc aux autorités belges et européennes :

1. la reconnaissance officielle de la Palestine ;
2. des sanctions contre Israël pour violation des droits humains et le remboursement des infrastructures détruites (certaines financées par l’UE) ;
3. la suspension immédiate de tout commerce d’armes entre l’UE et Israël ;
4. le boycott et le désinvestissement des institutions et entreprises israéliennes qui sont complices du régime d’apartheid et en tirent profit ;
5. l’appui à l’enquête de la Cour pénale internationale sur les crimes de guerre commis par Israël en Palestine ;
6. l’arrêt immédiat du blocus de Gaza imposé par Israël et l’Égypte depuis 2006.

"Nous demandons aux institutions académiques belges et européennes :

1. le recensement et l’arrêt rapide de l’ensemble des échanges que nos universités, bilatéralement ou multilatéralement, en ce compris au niveau européen, nouent avec les entités israéliennes qui soutiennent et sont complices de l’occupation et la colonisation, et profitent du régime d’apartheid ;
2. la suspension des collaborations avec les universités israéliennes dans le cadre des programmes Horizon 2020 ou Erasmus, qui menacent les droits humains ;
3. l’application cohérente des Principes des Droits de l’Homme dans la recherche et l’enseignement.

https://plus.lesoir.be/377562/article/2021-06-13/carte-blanche-sur-le-conflit-israelo-palestinien-etre-neutre-dans-une-situation

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